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Réforme des études de santé 2027 : fin du PASS et de la LAS, voie unique sur Parcoursup

Fin du PASS et de la LAS en 2027, voie unique pour devenir soignant. Ce que les annonces ne disent pas : qui pourra vraiment tenter sa chance, et à quel prix.
April 22, 2026

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Témoignages

À la rentrée 2027, le système d'accès aux études de santé que tu connais aujourd'hui va disparaître. Il sera remplacé par une voie unique, annoncée le 17 avril 2026 par les ministres de l'Enseignement supérieur et de la Santé. Derrière la promesse de simplification, une question reste entière : qui pourra vraiment tenter sa chance ?

Le message des ministres Philippe Baptiste et Stéphanie Rist, le 17 avril dernier à l'Université Paris Cité, tient en une phrase. Le système actuel est trop complexe, il faut le remplacer par un modèle plus lisible, plus juste et plus humain. La bonne nouvelle, c'est que le principe d'une voie unique fait consensus :

  • La Cour des comptes l'avait recommandé dès décembre 2024.
  • Les étudiants la demandent depuis plus de deux ans.
  • Les doyens la portent aussi, à leur manière.

Reste la vraie question : cette réforme va-t-elle vraiment élargir l'accès aux études de santé, ou simplement le refermer autrement ?

Si tu es aujourd'hui en classe de première, tu es directement concerné. Tu feras partie de la première génération du nouveau système. Voici ce qu'il faut en retenir.

1. Pourquoi le système PASS / LAS n'a pas tenu ses promesses

La réforme de 2019 avait trois ambitions :

  • Diversifier les profils des futurs soignants.
  • Améliorer la réussite des étudiants.
  • Mieux adapter le nombre de professionnels formés aux besoins des territoires.

Six ans plus tard, le bilan est très en-deçà des attentes.

Le rapport sévère de la Cour des comptes

Le rapport publié le 11 décembre 2024 est sans appel. Deux ans après leur année d'accès santé, 63 % des étudiants ont perdu une année d'études. C'est mieux qu'avant la réforme, où ce chiffre atteignait 79 %. Mais la progression reste modeste.

Sur la diversification, le constat est encore plus sévère. Le rapport parle d'une « légère tendance à l'homogénéisation » des profils. Autrement dit, la réforme n'a pas diversifié les étudiants admis en médecine. Elle les a même rendus un peu plus semblables. La Cour qualifie le dispositif de « complexe et mal conçu ».

Un système devenu illisible pour les familles

L'autre grand reproche, c'est l'illisibilité. Chaque université a décliné la réforme à sa manière. Rien qu'en Île-de-France, un lycéen pouvait choisir entre une centaine de parcours différents, avec parfois des combinaisons très éloignées de la santé.

Stéphanie Rist l'a reconnu elle-même le 17 avril : « L'essai n'a pas été totalement transformé. » Les grandes universités de recherche ont été plus directes, qualifiant la réforme de fiasco.

10 % des étudiants partent se former à l'étranger

Chaque année, environ 10 % des étudiants qui n'accèdent pas aux filières de santé partent se former à l'étranger :

  • En Espagne.
  • En Roumanie.
  • En Belgique.
  • Au Portugal.

Ce chiffre dit tout. Le système actuel laisse sur le bord de la route une part importante d'étudiants motivés, qui tentent leur chance ailleurs faute de trouver une place en France.

2. Ce qui change concrètement à la rentrée 2027

La nouvelle première année ressemble à une licence universitaire classique. Elle ouvre sur cinq filières de santé :

  • Médecine
  • Pharmacie
  • Dentaire
  • Kiné
  • Sage-femme

Sur Parcoursup, fini le choix entre cent parcours différents. Tu formuleras un vœu principal santé, puis un sous-vœu selon la licence choisie en complément.

Une année structurée en trois blocs d'enseignement

1 Bloc santé. Il regroupe les connaissances scientifiques fondamentales communes aux cinq filières. Le programme sera allégé par rapport à aujourd'hui, recentré sur l'essentiel.

1 Bloc disciplinaire. Il s'appuie sur une licence existante qui contribue aux enseignements de santé :

  • Biologie
  • Droit
  • Sciences humaines
  • Soins infirmiers

Finies les associations exotiques. La logique est resserrée sur des disciplines en lien avec le champ médical.

1 Bloc transversal. Il couvre la communication, l'éthique, l'anglais, les sciences humaines et sociales. Une dimension jugée de plus en plus importante pour exercer un métier de santé.

Une sélection maintenue, mais qui change de logique

Pour être éligible à une place en deuxième année, tu devras :

  • Valider les blocs santé et disciplinaire avec au moins 10 sur 20 chacun.
  • Être bien classé sur l'ensemble de ton parcours académique, pas seulement sur les notes de santé.
  • Passer éventuellement des épreuves orales, selon l'organisation de ton université.

Redoublement autorisé et deux chances pour intégrer médecine

Deux nouveautés importantes :

  • Le redoublement en première année est à nouveau autorisé, une fois. Il ne te donne pas une troisième chance de candidater en santé, mais il évite la rupture sèche du système actuel.
  • Tu disposeras de deux moments pour tenter d'intégrer une filière de santé : en fin de première année, puis en fin de deuxième année de licence.

C'est une vraie différence avec aujourd'hui, où tout se joue en un an.

Des passerelles élargies pour les vocations tardives

La réforme élargit les passerelles :

  • Les titulaires d'une licence complète pourront candidater aux études de santé à bac+3, en plus des passerelles déjà prévues pour les bac+5.
  • Les professionnels paramédicaux ayant validé trois ans de cursus seront également mieux pris en compte.

L'objectif affiché : favoriser les vocations tardives.

3. Le vrai filtre des études de santé, c'est Parcoursup

C'est le point que beaucoup oublient dans le débat sur la réforme. La sélection ne commence pas à la fin de la première année. Elle commence bien avant, au moment où tu formules tes vœux sur Parcoursup. Et ce filtre-là va sans doute peser encore plus lourd en 2027.

La raison est simple. Aujourd'hui, la demande est répartie entre des dizaines de parcours différents. Demain, elle se concentrera sur un vœu unique santé, beaucoup plus visible et donc beaucoup plus demandé. Mécaniquement, la pression sur les dossiers va augmenter.

Les critères pris en compte par les universités

Dans les grandes villes, la sélection sur dossier existe déjà. Le dossier de première et de terminale pèse lourd, entre 45 et 60 % de la note totale selon les universités. À l'Université Paris Cité par exemple, les bulletins représentent en moyenne 45 % du poids du dossier.

Les critères sont connus :

  • Notes de première et de terminale, particulièrement en spécialités scientifiques.
  • Choix des spécialités au lycée.
  • Appréciations des professeurs et positionnement dans la classe.
  • Fiche Avenir renseignée par le chef d'établissement.
  • Lettre de motivation.
  • Rubrique activités et centres d'intérêt.

Rien n'indique que cela changera en 2027. Au contraire, la nouvelle licence santé va hériter de ces critères, probablement renforcés.

Un vrai enjeu d'équité sociale

Placer la sélection en amont, sur le dossier lycée, permet d'éviter des années d'études perdues. C'est un argument entendable. Mais cela comporte aussi un risque. La qualité d'un dossier de lycée est fortement liée :

  • Au milieu familial.
  • À la qualité de l'établissement.
  • À l'accès à un soutien extérieur.

Plus on filtre tôt, plus on reproduit des inégalités déjà présentes au lycée. La Cour des comptes l'a pointé clairement : la réforme actuelle n'a pas diversifié les profils, elle les a même rapprochés.

Le paradoxe des profils « tardivement révélés »

L'esprit de la réforme de 2019 était de donner une chance à des profils variés, pas seulement aux meilleurs bacheliers. Beaucoup d'étudiants entrent aujourd'hui en première année avec un dossier moyen, autour de 12 ou 13 de moyenne, et réussissent ensuite. Ils se sont révélés une fois à l'université, portés par la motivation et la méthode de travail.

Si le filtre Parcoursup se durcit en 2027, ces profils-là risquent d'être écartés avant même d'avoir pu faire leurs preuves.

La question centrale de toute réforme de l'accès aux études de santé depuis quinze ans reste la même : à quel moment placer la sélection, et sur quelle base ? Trois moments de filtrage coexisteront en 2027 :

  • Parcoursup, au moment de l'inscription.
  • Fin de première année, pour accéder à la deuxième année.
  • Fin de deuxième année, pour une seconde tentative.

Chaque déplacement a un coût humain et social. Le dossier de presse du 17 avril n'en dit pas un mot. C'est pourtant là que se joue la réalité de la réforme.

4. Former plus de soignants, ça coûte cher à la collectivité

Un dernier point est souvent absent des annonces politiques, alors qu'il conditionne tout le reste. Former un étudiant en santé coûte cher. Pas à lui, mais à l'État.

Ce que tu paies, et ce que paie l'État

Pour toi, les frais d'inscription à l'université sont faibles :

  • Environ 280 euros par an en 2025, droits d'inscription et contribution de vie étudiante et de campus compris.
  • C'est l'un des tarifs les plus bas d'Europe.

Ce chiffre est possible parce que la collectivité prend à sa charge la quasi-totalité du coût réel de la formation.

Selon les données du ministère de l'Enseignement supérieur, la dépense moyenne par étudiant à l'université est de 12 250 euros par an en 2023. Les études de santé coûtent sensiblement plus cher que cette moyenne parce qu'elles supposent :

  • Davantage d'encadrement en travaux pratiques, notamment en anatomie.
  • Des enseignants hospitalo-universitaires difficiles à former.
  • Surtout, des stages hospitaliers qui représentent un coût important pour les hôpitaux qui accueillent les étudiants.

L'estimation courante pour un cursus complet de médecine tourne autour de 200 000 euros sur dix ans, pris en charge pour l'essentiel par la collectivité.

Cela veut dire une chose simple : on ne peut pas augmenter massivement le nombre de médecins formés sans y mettre de l'argent public.

L'objectif : 16 000 étudiants en médecine en 2027

En juin 2025, la loi Neuder a supprimé le plafond qui limitait le nombre d'étudiants admis en deuxième année. Officiellement, les universités peuvent désormais fixer librement leurs capacités d'accueil, en lien avec les agences régionales de santé. L'objectif affiché par le gouvernement :

  • 9 500 étudiants en deuxième année de médecine en 2019.
  • 16 000 étudiants visés en 2027.

Soit une hausse de près de 70 % en moins de dix ans.

Le vrai goulet d'étranglement : les stages hospitaliers

Mais supprimer un plafond juridique ne crée pas des places. Il faut :

  • Des amphithéâtres en plus.
  • Des enseignants en plus.
  • Et surtout, des terrains de stage hospitaliers en plus.

C'est aujourd'hui le principal goulet d'étranglement. Un hôpital ne peut accueillir qu'un nombre limité d'externes sans dégrader la qualité de leur formation et sans désorganiser ses services.

Ce que disent les doyens : pas contre la réforme, mais sans moyens, impossible

C'est précisément ce que les doyens, France Universités et l'Académie nationale de médecine disent quand ils parlent de « moyens insuffisants ». Leur message n'est pas qu'ils sont contre la réforme. Il est qu'une réforme à moyens constants n'est pas soutenable.

La Cour des comptes avait déjà pointé en 2024 que les financements nécessaires à la réforme de 2020 n'avaient « pas été suffisamment anticipés ». C'est exactement l'erreur que beaucoup redoutent de voir se répéter.

Le dossier de presse du 17 avril reste vague sur cette question :

  • Il évoque un « financement dédié à la transformation pédagogique ».
  • Il mentionne un accompagnement de l'État « au cas par cas ».
  • Aucune enveloppe n'est chiffrée.

Lamri Adoui, président de France Universités, a résumé l'attente d'une phrase : « Des moyens supplémentaires sont indispensables, d'autant plus dans un calendrier aussi serré. »

Former davantage de soignants n'est pas une question d'annonce. C'est une question de volonté politique, et d'euros. Sans cela, la promesse d'une voie unique plus juste risque de se heurter au mur du réel : des universités qui n'arriveront pas à suivre, et une sélection qui redeviendra, par défaut, aussi dure qu'avant.

5. Une réforme à sécuriser d'ici septembre 2027

Le calendrier est tendu. Le gouvernement a maintenu la rentrée 2027 malgré les demandes de report.

Les alertes des institutions

Plusieurs voix fortes ont demandé un report :

  • La Conférence des doyens a jugé le projet « non applicable pour 2027 ».
  • L'Académie nationale de médecine, dans un communiqué publié le 14 avril, a demandé un décalage à 2028, estimant que la mise en œuvre cette année-là serait « prématurée » et « potentiellement délétère ».

Trois jours plus tard, les ministres ont tenu bon.

Ce qu'il reste à publier d'ici la rentrée

Les prochains mois diront qui a raison. Trois échéances à surveiller :

  • Automne 2026 : publication des maquettes pédagogiques pour figurer sur Parcoursup.
  • Fin 2026 : décrets d'application du ministère.
  • Début 2027 : règles précises de chaque université.

C'est à ce moment-là que l'on verra si la promesse d'harmonisation nationale se traduit vraiment dans les textes, ou si chaque université conserve sa latitude locale, comme cela avait été le cas en 2020.

Trois choses à retenir si tu es en première cette année

  • Les spécialités scientifiques au lycée restent le socle recommandé : maths, physique-chimie, SVT. Aucune réforme des programmes du secondaire n'est prévue.
  • Ton dossier lycée pèsera lourd sur Parcoursup. Régularité des notes, engagement, appréciations : tout compte dès maintenant.
  • La sélection en première année universitaire sera toujours présente. La voie unique ne la supprime pas, elle la réorganise.

Reste à garder un œil vigilant sur ce qui va se passer d'ici septembre 2027. La vraie réforme ne se joue pas dans les conférences de presse. Elle se joue dans trois endroits précis :

  • Les critères que chaque faculté affichera sur Parcoursup.
  • Le budget que l'État mettra sur la table.
  • Le nombre de places effectives en deuxième année de médecine, qui dépendra largement des capacités hospitalières.

Le reste est de l'architecture pédagogique. Importante, mais insuffisante. Une réforme annoncée n'est pas une réforme opérante. Le système actuel l'a montré à ses dépens. Il faut espérer que celui de la voie unique, en 2027, tirera les leçons de cet échec.

Tu es lycéen, à quel système appartiens-tu ?

  • En terminale en 2025-2026 ? Tu entres dans le supérieur en septembre 2026. Le système actuel s'applique à toi. Les règles en vigueur lors de ton inscription seront celles qui encadreront l'ensemble de ton cursus.
  • En première en 2025-2026 ? Tu es directement concerné. Bachelier en 2027, tu feras partie de la première promotion de la voie unique. Soigne tes notes dès cette année, c'est ton dossier Parcoursup qui commence.
  • En seconde en 2025-2026 ? Tu entreras dans un dispositif rodé une année après sa mise en place, normalement plus stable.

Ce qui ne change pas en 2027

  • La sélection en fin de première année, maintenue.
  • Le niveau scientifique exigé, élevé.
  • La centralité de Parcoursup et le poids du dossier lycée.
  • Les cinq filières cibles : médecine, pharma, dentaire, kiné, sage-femme.
  • Les frais d'inscription, autour de 280 euros par an.
  • La limite réelle fixée par les capacités des universités et des hôpitaux, qui conditionneront le nombre de places disponibles.

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